Voyage sur la route
Distances quotidiennes
À pied
- En moyenne, un marcheur peut parcourir 25 à 30 km par jour. Cette distance prend en compte les arrêts nécessaires, les repas, et le repos.
- Sur de bonnes routes et sans bagages encombrants, cette distance pouvait s’étendre jusqu’à 40 km par jour. C’est un rythme soutenu, souvent pour des raisons impératives.
- Sur un terrain difficile (montagne, forêt, chemins boueux), ou avec un groupe plus important (famille, pèlerins), la distance pouvait tomber à 15-20 km par jour.
Ces chiffres dépendent grandement de l’état des chemins (une voie pavée est un atout majeur), du poids des bagages, des conditions météorologiques et de la santé du voyageur.
À cheval
La distance que pouvait parcourir un cavalier au Moyen Âge sur de longues distances variait considérablement en fonction de plusieurs facteurs (état des routes, terrain, météo, etc.).
- Une distance moyenne de 30 à 50 km par jour est réaliste. Cette estimation correspond à un rythme modéré (pas et trot), permettant de ne pas épuiser le cheval sur le long terme.
- Des pointes à 60 km par jour étaient possibles sur de bonnes routes, mais ne pouvaient pas être maintenues sur plusieurs jours d’affilée.
- Les messagers, qui utilisaient des chevaux de relais, pouvaient atteindre des vitesses bien plus élevées, allant parfois jusqu’à 100 km par jour, voire plus dans des cas exceptionnels. Cependant, ils changeaient de monture régulièrement.
Avec des chariots
La distance parcourue par un chariot chargé de marchandises au Moyen Âge dépendait largement de l’animal de trait utilisé et de l’état des chemins. Le rythme était considérablement plus lent que celui d’un cavalier ou d’un voyageur à pied.
- Tiré par des bœufs : les bœufs sont lents mais très endurants. Un chariot tiré par des bœufs pouvait parcourir 15 à 20 km par jour. Leur allure est très faible, mais ils sont capables de tirer de lourdes charges sur de longues distances. C’était une méthode de transport courante pour les marchandises lourdes et volumineuses.
- Tiré par des chevaux : Les chevaux de trait sont plus rapides et plus vifs que les bœufs. Un chariot tiré par des chevaux pouvait parcourir 25 à 30 km par jour, soit une vitesse comparable à celle d’un marcheur. Cependant, le coût d’entretien des chevaux était plus élevé que celui des bœufs, et ils nécessitaient plus d’attention.
Ces chiffres sont des moyennes. Les conditions réelles sur les routes médiévales, souvent en mauvais état, boueuses ou encombrées, pouvaient réduire considérablement ces distances. Les convois de marchands voyageaient souvent en groupe pour des raisons de sécurité, ce qui pouvait également ralentir le rythme. De plus, les arrêts pour le repos des animaux et le chargement/déchargement de la marchandise étaient fréquents.
Rencontres sur la route
Rencontres en région habitée
Dans les régions habitées, la plupart des rencontres seront des gens du communs vaquant à leurs occupations quotidiennes.
- Villageois au travail : activités agricoles de saison, garde de bêtes, recherche de bêtes égarées, réparation de clôture, entretien des chemins et fossé. Liés aux corvées et au calendrier agricole du jour.
- Convoi de ravitaillement local : charrettes (éventuellement à bras) ou animaux de bât transportant des marchandises locales, animaux menés vers leur lieu d’abattage. Trajet de routine entre le champ, le moulin ou le marché.
- Artisans et journaliers itinérants : se déplacent de bourg en bourg à la recherche d’un chantier.
- Corvéables de la route : groupe de paysans locaux bouchant des ornières sous la surveillance d’un sergent seigneurial.
- Chasseurs, pêcheurs et cueilleurs locaux : cueilleurs de champignons, de baies ou de plantes, braconniers discrets, pêcheurs, bûcherons, charbonniers.
- Le chasse-marée (zone de pêche importante) : cavalier menant au galop un convoi de chevaux chargés de paniers de poisson de mer frais. Course contre la montre vers les halles avant que la marchandise ne tourne.
Rencontres plus rares
- Marchands au long cours : convoi de lourds chariots bâchés, escortés par des mercenaires.
- Chevalier en mission : un homme d’armes en armure, seul ou avec son écuyer. Mission diplomatique ou ralliement à un ban militaire, accomplissement d’une quête pour leur suzerain.
- Messager : cavalier épuisé crevant sa monture pour livrer un pli scellé
- Nobles en chasse : le seigneur local et sa suite de cavaliers, de chiens et de fauconniers. Exigent que les voyageurs du peuple s’écartent et s’agenouillent sur leur passage.
- Apothicaire ambulant : colporteur avec une charrette ou un bât rempli de fioles, d’herbes séchées et de reliques médicales. Vend des remèdes contre la peste, des poisons discrets ou des philtres d’amour douteux aux passants.
- Officiels seigneuriaux ou royaux : bailli, prévôt, intendant ou collecteur de taxes avec ses scribes et une troupe de sergents. Déplacement officiel pour tenir les assises de justice, lever l’impôt ou contrôler un domaine.
- Haut dignitaire ecclésiastique : évêque ou abbé sur une mule richement harnachée, escorté d’une suite de clercs et de gardes. En tournée d’inspection des paroisses et des monastères.
- Patrouille : 4 ou 5 gardes du seigneur inspectant les voyageurs. Cherchent un criminel en fuite, lèvent une taxe exceptionnelle ou annoncent le début d’une guerre.
- Troupe de saltimbanques : jongleurs, musiciens itinérants et montreurs d’ours voyageant de fête en fête. Colportent les chansons de geste, les satires politiques et les nouvelles du monde.
- Brigands et fugitifs : bandits de forêt embusqués ou criminels en cavale cachés dans les fourrés. Cherchent une cible isolée facile ou un otage à rançonner.
- Écorcheurs et mercenaires licenciés : groupe de soldats désœuvrés et cyniques entre deux contrats de guerre. Frontière floue entre le statut de soldat et celui de brigand de grand chemin.
- Moine mendiant ou ermite : frère mendiant marchant pieds nus, vivant d’aumônes. Prêche la pauvreté et demande le gîte en échange de bénédictions.
- Pèlerins en groupe : marcheurs armés de bourdons (bâtons) et de besaces, voyageant en bande pour la sécurité. Vont ou reviennent d’un sanctuaire lointain avec des rumeurs.
- Nobles en grand déplacement : une caravane imposante de chariots, de chevaliers et de valets.
Rencontres passives
- Gibet seigneurial : fourches en bois où se balancent les restes de brigands pendus à la limite du fief. Avertissement du seigneur pour marquer son droit de haute justice.
- Maladrerie (Léproserie) : bâtiment isolé entouré de palissades en bord de route. Zone d’exclusion sanitaire absolue.
- Croix de carrefour : monument ou oratoire en pierre situé aux intersections dangereuses. Lieu de halte et de prière pour les voyageurs avant de s’enfoncer dans les bois.
- Borne frontière : pierre gravée marquant la limite d’un domaine.
- Arbre à loques : les branches sont couvertes de morceaux de tissus noués. Croyance populaire superstitieuse où l’on laisse un vêtement pour transférer une maladie à l’arbre.
- Obstacle d’infrastructure : pont de bois effondré, coulée de boue bloquant la voie ou ornières géantes.
Équipement du voyageur
La base
Vêtements et protection contre les intempéries
Bâton de marche
Bourse
Provisions, eau et boissons
Sac ou besace
De quoi s’éclairer
Vaisselle personnelle (couteau, bol en bois, corne creuse, cuillère)
Affaires liées à la raison du voyage
Monture et voyage au long cours
Monture ou bête de somme
Charrette + pièces de rechange
Tente
Cartes (routes commerciales, régions alentour), enroulée dans un sac de cuir
Pièges (pour la chasse et les intrus)
Ballot ou fagot (bois pour le feu)
Affaires pour hygiène (rasoir, peigne, miroir, savon)
Outils
Selon la profession
Richesses
Bijoux
Potions
Objet magique
Or, argent, pierres précieuses
Statuettes religieuse, icônes, encensoir, bols, candélabre, symbole béni
Fourrure et peaux rares et exotiques
Épices rares, parfum ou autres substances rares
Objets divers
Intrument de musique
Pipe, tabatière et tabac
Dés, carte à jouer
Babioles type souvenir personnel
Animal de compagnie
Livre ou registre
Acte juridique, proclamation ou laisser-passer
Clés