Moulin à eau
Le moulin à eau est le premier investissement technologique de masse de l’Europe, véritable centrale énergétique du monde médiéval. L’eau actionne une roue motrice, dont l’axe transmet sa rotation à un système de rouet et de lanterne pour réduire la vitesse et faire tourner la meule supérieure sous la trémie à grain.
Les types de roue
La roue en dessous (au fil de l’eau) : rendement faible. Les aubes plongent simplement dans le courant naturel. Pour les fleuves larges et lents, ou installé sur les moulins-barges ancrés au milieu des fleuves navigables.
La roue en dessus (par gravitation) : excellent rendement. L’eau est amenée par un canal surélevé (le bief) et tombe au-dessus de la roue, remplissant des godets (les augets). C’est le poids de l’eau, combiné à la chute, qui fait tourner la roue. Nécessite du relief (collines, montagnes) ou un bief de dérivation artificiel important.
La roue de poitrine (ou roue de côté) : rendement moyen. L’eau arrive sur la roue à mi-hauteur. Les augets ou les aubes sont profilés pour retenir l’eau pendant la descente. Ce système utilise à la fois la vitesse du courant et le poids de l’eau qui tombe. Elle est idéale pour les rivières de plaine ou de collines qui ont un débit régulier mais une faible hauteur de chute (entre 1 et 2 mètres), là où une roue en dessus est impossible à installer par manque de relief.
Caractéristiques
Capacité de mouture : 1,5 à 2 tonnes de grain / 24 heures (capacité standard d’une paire de meules bien alimentée)
Seuil de subsistance : 1 moulin pour 2 000 personnes
Densité territoriale : 1 moulin pour 250 à 300 habitants (ratio du bas Moyen Âge, Angleterre et France)
Maintenance : toutes les 100 à 150 heures (arrêt complet pour le rhabillage : retailler les rainures des pierres)