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Wiki Moyen Âge – Le château fort

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Le château fort

Voici quelques lieux communs sur les châteaux forts historiques. Ils permettront de garder en mémoire les éléments clés permettant de décrire un château réaliste.

Le château est constitué de deux enceintes. Entre les deux enceintes, il y a la basse-cour et à l’intérieur de la seconde enceinte, il y a notamment le donjon, comme le montre le plan sommaire ci-dessous.

plan château fort
Plan d’un château fort

L’enceinte extérieure

La barbacane

Petit fortin de bois édifié devant le pont-­levis. La barbacane avait pour but de retarder les assaillants, le temps de relever le pont-levis. Elle était traditionnellement bâtie avant le fossé qui entourait habituellement les ouvrages fortifiés. II arrivait qu’elle soit remplacée par un avant‑poste en pierre.

Les défenses extérieures

Tout autour du fossé se trouvent des haies vives et chevaux de frise (pieux fichés dans le sol) censés briser les charges à cheval.

Le fossé

Le fossé avait pour objectif d’empêcher les agresseurs de s’attaquer directement aux murailles. Les sapeurs devaient d’abord le combler avec des pierres ou des fascines (fagots) avant de commencer à essayer de desceller les moellons des remparts. Les douves étaient en fait rarement remplies d’eau pendant la période médiévale. En plus de leur rôle défensif, elles tenaient lieu de dépotoir et de déversoir pour les latrines.

Les poternes secondaires

Les remparts sont percés, de loin en loin, de discrètes petites portes en fer, très étroites, réservées aux piétons. Certaines étaient habilement dissimulées derrière des buissons et des arbres. Les défenseurs pouvaient les emprunter afin d’opérer des sorties nocturnes discrètes, sans avoir à ouvrir la grande porte.

Le pont-levis

Cet énorme panneau de bois est maintenu en place par d’épaisses chaînes. Parfois, le pont-levis était remplacé par des ouvrages de bois que les défenseurs pouvaient détruire rapidement en cas d’attaque, le but étant toujours de gêner le travail des sapeurs.

La porte principale

Flanquée des deux grosses tours rondes du châtelet d’entrée. Les arrivants sont obligés de passer sous un assommoir. La herse, actionnée par un treuil installé dans la partie supérieure de l’entrée où se trouve le poste de garde, était généralement faite en bois dur, renforcé par des clous et des plaques de métal. L’entrée principale constituant toujours le point faible par lequel les ennemis pouvaient pénétrer dans les lieux, elle était protégée par le pont-levis, la herse et la porte elle‑même (que l’on condamnait, en cas de besoin, à l’aide d’épaisses poutres).

Le châtelet d’entrée

Bâties en saillie, deux énormes tours à mâchicoulis surmontées de toits en poivrière couverts d’ardoises défendent l’entrée du château. Une guette (tourelle de guet) crénelée se dresse dessus de la tour de gauche. Les tours dites « en poivrière » ne font leur apparition qu’aux alentours du XIIe siècle. Leurs toits étaient recouverts de plaques d’ardoises ou de tuiles capables de résister aux flèches enflammées. Les mâchicoulis, sortes de surplombs en pierre, permettaient aux défenseurs de laisser tomber des projectiles divers (pierres, poix enflammée, eau bouillante, plus rarement huile bouillante) sur les attaquants quand ceux‑ci arrivaient près des murs.

Les remparts

Les courtines hautes de dix mètres sont surmontées par endroits de hourds en bois et leurs parois sont percées d’archères (meurtrières étroites vers l’extérieur et larges à l’intérieur). Des hommes d’armes parcourent l’aléoir (chemin de ronde).

Les murs faisaient parfois plus de trois mètres d’épaisseur. Quand ils n’abritaient pas des couloirs exigus, ils étaient construits en sandwichs, un blocage de moellons et de cailloux liés par du mortier étant monté entre deux parements externes de pierre de taille. Comme les tours, leurs parois comportaient des trous de boulin dans lesquels on glissait des poutrelles pour édifier des échafaudages temporaires. Parmi ces derniers, il convient de citer les hourds, sortes de galeries en bois que l’on mettait en place en temps de guerre et qui remplissaient le même rôle que les mâchicoulis.

Les talus

Des talus inclinés, recouverts de briques, sont visibles au pied des courtines. Ces remblais avaient deux fonctions : leur inclinaison permettait de faire ricocher les projectiles lancés depuis les hourds et les mâchicoulis, et ils compliquaient la tâche des sapeurs et mineurs chargés de percer les murailles.

La basse cour (baille)

Les grands châteaux possédaient au moins deux enceintes, concentriques ou cloisonnées. Les étendues assez vastes – ou cours – qui séparaient ces remparts étaient occupées par diverses maisonnettes et échoppes, organisées à la manière de petits villages. C’est dans cet espace que venaient se réfugier les paysans des alentours lorsque la guerre menaçait.

Habitations

Dans ces petites habitations vivent les paysans travaillant sur les réserves du seigneur. Elles sont bâties en torchis blanchi à la chaux. Présence d’une forge, d’une échoppe de tailleur et de divers autres ateliers (menuiserie, poterie, etc). Forgerons, charpentiers et tailleurs jouaient un rôle important dans la vie des châteaux.

Étables et bergeries

En cas de siège, les défenseurs doivent pouvoir disposer de viande fraîche et de lait, d’où l’utilité d’aménager des étables dans l’enceinte même du château. Les bovidés étaient coûteux, on préférait généralement élever des moutons, bien moins exigeants sur le plan de la nourriture.

Moulin

Les seigneurs s’arrogeaient souvent le privilège de moudre le grain de leurs sujets… contre espèces sonnantes et trébuchantes !

Fontaine

Une belle fontaine ouvragée trône au milieu du désordre. Hommes et bêtes viennent s’y abreuver, au milieu des servantes occupées à laver leur linge.

L’enceinte intérieure

Un peu plus haute que les remparts extérieurs, la chemise (autre nom de l’enceinte qui entoure le donjon) est de forme carrée et ses tours sont crénelées. Son entrée – défendue, elle aussi, par une herse et une lourde porte de chêne – est dépourvue de pont‑levis. Il n’y a pas de talus à la base des courtines.

En pénétrant dans l’enceinte intérieure, la première chose que l’on voit, c’est un immense donjon rectangulaire, dressé contre le rempart du fond. Mais, on y voit aussi d’autres bâtiments

Les écuries

Construites contre le mur est, elles abritent les chevaux du seigneur et de ses soldats.

Le chenil

Une meute de chiens hurlants est hébergée dans une maison basse en bois dont émane une odeur suffocante. La chasse était l’un des rares plaisirs que pouvaient s’offrir les seigneurs et c’est pourquoi ils entretenaient des meutes.

La chapelle

Un château se devait d’avoir un lieu de culte. Celui‑ci pouvait aussi bien être aménagé dans la cour, que dans le donjon même.

Le grenier

Une petite bâtisse carrée et sans fenêtres est accolée au donjon. C’est le grenier, dans lequel sont entassées les réserves de céréales.

Les puits

Il ne suffisait pas de choisir un lieu élevé pour édifier un château, encore fallait‑il s’assurer que le sous‑sol abritait des sources ou nappes souterraines. En plus de fournir de l’eau aux habitants du fort, les puits offraient la possibilité de lutter contre les éventuels incendies. En général, chaque castel disposait de plusieurs puits, aménagés aussi bien à l’extérieur des bâtiments, que dans le donjon ou les tours d’enceinte.

Baraque des domestiques

Les domestiques ne logent pas dans le donjon, mais dans des bâtiments à part.

La caserne

Si la garnison du château est importante, les soldats logent dans un bâtiment dédié.

La maison de l’alchimiste

Parfois, les alchimistes bénéficiaient de la protection d’un seigneur, ce qui leur évitait les tracas généralement associés à la sorcellerie.

Le donjon

Ce grand édifice rectangulaire et crénelé est le cœur de la forteresse. Pour des raisons de sécurité, ses murs ne sont percés que d’étroites meurtrières. On accède à sa porte en empruntant un escalier de bois qui conduit directement au premier étage. Le rez‑de‑chaussée, quant à lui, ne possède aucune ouverture apparente. Les escaliers extérieurs des donjons étaient en bois de manière à pouvoir être aisément détruits au cas où des ennemis parviendraient jusqu’à la cour intérieure.

Rez‑de‑chaussée

Cave. C’est là que les nobles remisent leurs vins et leurs réserves les plus précieuses (viandes séchées ou salées, etc). Un petit coffre encastré dans le mur est équipé d’une serrure complexe. On y range les épices, presque aussi coûteuses que la poudre d’or.

Salle des archives. Une pièce dont les murs sont couverts d’étagères sur lesquelles sont rangés de nombreux parchemins et livres. En cas de différend juridique, on se reporte souvent aux chartes, listes et registres de comptes du château.

Chambre des gardes. C’est dans cette pièce mal éclairée que dorment les dix gardes chargés de la protection rapprochée du seigneur. Deux d’entre eux sont en permanence postés à l’entrée du premier étage.

Premier étage

Entrée. Un perron de bois donne sur ce petit vestibule qui peut être isolé du reste du bâtiment par une petite herse de fer. La porte extérieure est également en fer. Un judas caché derrière une tenture de la grande salle permet d’observer à la dérobée les arrivants.

Cuisine. Une grande salle possédant son propre puits et une immense cheminée où l’on peut faire cuire un bœuf entier. Les plats sont préparés sur de grandes tables de chêne. Les ustensiles de cuisine (couteaux, louches, etc) sont accrochés au mur. Saucissons et jambons pendent du plafond.

Grande salle. Une pièce immense et très haute de plafond avec deux cheminées. Sur une estrade, un fauteuil de bois ouvragé sur lequel s’assoit le seigneur lorsqu’il tient audience. Quelques grandes tables et bancs, repoussés sur les côtés sont employés lors des réunions et banquets. Les murs sont couverts de somptueuses tapisseries cousues de fil d’or représentant des scènes de chasse. Des tentures accrochées à des anneaux du plafond permettent de diviser la grande salle en petits cabinets. Pendant la journée, le chapelain donne ici des cours aux enfants du seigneur et de ses officiers.

Deuxième étage

Chambre du chapelain. Une cellule aux murs nus contenant une paillasse, un petit autel et le trésor du prêtre : une petite bible enluminée. Seul un brasero permet de chauffer cette pièce.

Chambre du chambellan. Chargé de l’organisation administrative du château, le chambellan a droit à sa chambre personnelle. Il dort sur une paillasse et travaille souvent très tard le soir sur des registres de comptes qu’il amène ici.

Chambre des invités.

Chambre du seigneur. Un grand lit à baldaquin dans lequel le seigneur son épouse et ses enfants dorment ensemble. Les murs sont couverts de fresques guerrières aux couleurs vives. Dans un coin, un rouet sur lequel la châtelaine travaille le plus clair de son temps. Derrière une tenture, une porte secrète dissimule un étroit escalier qui descend jusqu’au souterrain du sous‑sol.

Salle du treuil. Ce réduit abrite le treuil permettant de remonter la herse du premier.

Toit

Colombier. Quelques pigeons voyageurs sont gardés là, au cas où le seigneur aurait besoin d’appeler rapidement ses alliés.

Cheminées. De petits cônes de briques ouverts du côté opposé au vent dominant.

Chemin de ronde. Le donjon est une sorte de petit château en lui‑même, on l’a donc doté de créneaux et d’un petit chemin de ronde.

Réservoir d’eau. Il permet de collecter l’eau de pluie acheminée jusqu’à lui par tout un système de canalisations et de chéneaux.

Sous‑sol

Chambre de torture. Un seul brasero est installé dans un coin, tandis que les murs sont couverts de tenailles, scies et autres instruments à l’aspect peu engageant. Partout, des anneaux permettent d’attacher les suppliciés dans des positions aussi inconfortables que possible. Contrairement à une idée reçue, les tribunaux médiévaux ne reconnaissaient pas, en théorie les aveux faits sous la torture. Celle‑ci était toutefois largement employée ( "question préalable"), et la simple menace de nouveaux sévices suffisait à faire dire n’importe quoi au premier innocent venu.

Cachots.

Chambre forte. Une petite pièce fermée par une porte de bronze à l’énorme serrure. Elle contient le trésor seigneurial : objets en or, impôts, parchemins secrets…

Souterrain. Un long couloir sinueux s’enfonce dans les profondeurs de la terre et conduit jusqu’au pied du ravin, en contrebas. Ce type d’issue secrète n’était pas fréquent au Moyen Âge. Dans la réalité, les souterrains faisaient souvent office de réfrigérateurs où l’on entreposait les denrées périssables.

Personnel du château

Encadrement et offices

  • Chambellan : chef de l’administration intérieure et de la chambre du seigneur.
  • Panetier : responsable du pain, du couvert et des stocks de nourriture sèche.
  • Échanson : responsable de la cave et des boissons.
  • Maître queux : chef des cuisines, planifie les repas ordinaires et les banquets.
  • Maître d’hôtel : supervise le protocole, le service et le dressage dans la grande salle (Aula).
  • Chapelain : prêtre du château, secrétaire et précepteur des enfants.
  • Barbier-chirurgien : assure l’hygiène (barbe, cheveux) et les soins de santé courants (saignées, extractions dentaires, pansements).
  • Maréchal des écuries : gère les chevaux, l’équipement équestre et les palefreniers.
  • Fauconnier / veneur : gèrent les animaux de chasse (rapaces et chiens de meute).

Domesticité noble

  • Pages (7 à 14 ans) : fils de nobles en formation. Portent les messages, servent à table et accompagnent la châtelaine.
  • Écuyers (14 à 21 ans) : futurs chevaliers. Gardent le matériel militaire du seigneur, gèrent son destrier et découpent les viandes d’honneur.

Domesticité roturière

  • Valets et serviteurs : gèrent le gros œuvre quotidien (allumage des feux, transport de l’eau, nettoyage des dalles, entretien courant).
  • Commis : main-d’œuvre des cuisines sous les ordres du maître queux (épluchage, plonge, tourne-broches).
  • Servantes et lingères : cantonnées au gynécée (appartements privés) pour la couture, l’entretien des draps et les soins des enfants (nourrices).

Pôle militaire

  • Capitaine de la garde : commandant de la garnison et de la défense du château.
  • Sergent d’armes : sous-officier chargé de l’entraînement, des patrouilles et de la discipline des soldats.
  • Guetteurs : surveillance permanente depuis les tours et les chemins de ronde.
  • Maître armurier & forgeron : entretien et réparation du métal (armes, armures, fers des chevaux, ferronnerie du château).
  • Geôlier : gardien des prisons, des cachots et de la poterne (porte secrète).