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Wiki Moyen Âge – Le village médiéval

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Le village médiéval

Les bâtiments

Quelques édifices typiques d’un village médiéval.

La maison de paysan libre

Ces chaumières sont réservées aux paysans auxquels le seigneur a concédé une tenure et qui ne sont pas soumis au servage.

Elle est constitué d’une grande pièce ou comprenant une cheminée, des couches, une table et des bancs avec parfois une petite pièce attenante contenant quelques provisions et du bois. En guise de dépendances, elles possèdent souvent une porcherie ou une étable.

Plan d’une maison de paysan

La maison « riche »

Ce type de demeure est habité par des hommes libres tels que le boulanger ou certains paysans possédant leurs propres terres et leurs propres bêtes.

Une grande salle commune où siège une imposante cheminée sert de pièce à vivre. On y trouve une grande table, bancs et fauteuils. Il peut également y avoir une ou deux chambre à coucher. Il y a également un entrepôt pour les vivres, le vin, l’huile et le bois, ainsi qu’un grenier où l’on fait sécher la viande

Plan d’une maison riche

La maison de serf

Ces cahuttes rudimentaires servent de logis aux serfs dont la tenure est si petite qu’il leur faut à l’occasion se louer aux autres villageois pour assurer leur subsistance. Elles sont toujours très sales et d’une grande pauvreté.

Elle est constitué d’une unique pièce où l’on trouve une cheminée, des couches, une table et des bancs, quelques provisions et du bois.

Plan d’une maison de serf

Le manoir du régisseur

Le régisseur est un fonctionnaire du seigneur chargé de veiller à ce que les taxes de son maître soient bien perçues. Il supervise aussi toutes les activités du village et a la charge de la police. Le manoir ne lui appartient pas, mais il est autorisé à y habiter. En cas de visite du seigneur, il se retire dans l’étable avec ses proches.

Le manoir comporte une cave à demi enterrée, où sont stockés vivres, tonneaux et bois de chauffage, l’étage principal, où une grande salle à vivre et deux chambres, et un grenier.

Le manoir lui-même est entouré d’une palissade. À l’intérieur de cette cour, il y a parfois un puits, un potager, quelques animaux (poules, cochons, chèvres et/ou moutons, chevaux), une grange à foin et éventuellement une fromagerie.

Plan d’un manoir de régisseur

Le moulin

C’est ici qu’est moulu tout le grain (blé, orge, seigle, mais, avoine) des récoltes du village. Le moulin appartient au seigneur et le meunier prélève 20 % sur tout ce qu’il moud. Une partie de ce prélèvement constitue son salaire, l’autre étant reversée au seigneur.

On y trouve : une réserve de grains, la pièce centrale, où vit le meunier et qui contient la mécanique du moulin ainsi que la meule, la chambre du meunier.

Plan d’un moulin

La forge

On vient y ferrer les chevaux et les bœufs, mais elle est aussi utilisée pour la fabrication des outils (socs de charrues, haches, faux, etc.) et de quelques armes qui sont revendues aux voyageurs de passage. Le seigneur perçoit également une taxe sur tout ce qui est produit par la forge.

On y trouve : la forge, l’enclos pour ferrer les bêtes, une ou deux chambres.

Plan d’une forge

La chapelle

Petit église, dont le grenier sert souvent de silo. Les offices ont lieu deux fois par semaine et tous les habitants sont conviés à y assister sous peine d’être accusés d’avoir le « mauvais œil ». En cas d’attaque de pillards, les villageois viennent s’abriter dans la chapelle dont les murs percés de meurtrières se prêtent parfaitement à une défense acharnée. Dans ce cas, les pigeons voyageurs qui sont élevés ici, sont envoyés pour prévenir le seigneur.

À l’étage ou attenant à la chapelle, on peut trouver l’habitation du prêtre, un pigeonnier et éventuellement un abris pour les pèlerins de passage. Il y a également, dans les environs immédiat du temple, le cimetière du village.

Plan d’une chapelle

L’abattoir-saloir

Il est interdit aux villageois d’abattre une bête sans l’accord exprès du seigneur ou du régisseur. Chaque animal tué ici fait l’objet du versement d’une taxe. Personne ne vit dans ce bâtiment. On y trouve un entrepôt à sel, la salle d’abattage proprement dite et le saloir. Ces petits bâtiments donnant tous sur une même cours où patientent les animaux envoyé à l’abattage.

Plan d’un petit abattoir-saloir

L’auberge

Une salle principale où voyageurs, bourgeois affairés, fermiers et ivrognes échangent nouvelles, rumeurs et défis, noyés dans la fumée de l’énorme cheminée.

Un étage comprenant les appartements de l’aubergiste ainsi que quelques chambres au confort sommaire : une housse de lin bourrée de paille fraîche, de la lumière, une table et un siège en bois.

Un grenier pour entreposer le mobilier inutilisé.

Une cave bien remplie.

Une petite écurie où la mule du propriétaire côtoie les montures de voyageurs.

Un aubergiste, petite célébrité locale, aidé de son équipe.

Plan d’une auberge classique

Gérance

Les deux types de maires

Le maire seigneurial (régisseur) : c’est un paysan un peu plus riche que les autres, choisi par le seigneur pour être son contremaître dans le village. Il surveille les travaux et collecte les taxes.

Le maire de commune : si le village est assez gros pour acheter une charte de franchise (accordant des libertés), ce maire-là est choisi par les villageois pour défendre leurs intérêts face au seigneur.

Les trois scénarios possibles

1. Le village est sur le fief d’un chevalier qui vit sur place (manoir) : le chevalier commande, son régisseur applique au quotidien. Il n’y a pas de maire autonome.

2. Le village est le siège d’une prévôté : Le prévôt s’installe sur place et absorbe le rôle de régisseur pour ce village. Ce n’est possible que si le village est choisi comme chef-lieu de la prévôté – il doit donc y avoir une bonne raison à cela

  • Sans charte : le prévôt dirige seul.
  • Avec charte : le prévôt cohabite avec un maire élu par les habitants.

3. Le seigneur vit loin du village :

  • Sans charte : un régisseur unique gouverne seul au nom du seigneur lointain.
  • Avec charte : le régisseur (qui protège les intérêt du seigneur) et le maire (qui protège la communauté des paysans) cohabitent et partagent le pouvoir.

Personnalités & ressources

Dans un village de 200-300 habitants.

Personnalités

L’intendant / régisseur : l’homme de confiance et l’œil du seigneur. Il gère les comptes, le terrier (cadastre) et collecte les impôts. Il a un statut social supérieur, sait lire et ne se salit jamais les mains.

Le maire (si village franchisé) : un riche paysan (laboureur) élu par ses pairs pour représenter la communauté et négocier avec le seigneur. Il a une forte autorité morale.

L’aubergiste / tavernier : pas de comptoir formel ici. C’est souvant un paysan aisé qui ouvre la pièce principale de sa maison pour vendre la bière ou le cidre local.

Le curé : souvent d’origine paysanne et presque aussi pauvre que ses ouailles. Il assure les sacrements et sert de scribe de secours car il est souvent le seul lettré du village.

Le meunier : gérant du moulin banal du seigneur. Souvent impopulaire (on l’accuse toujours de tricher sur les taxes de mouture), il vit un peu à l’écart du village, près de l’eau.

Le forgeron / maréchal-ferrant : l’artisan le plus important. Maître du feu et du fer, il répare les outils et soigne les sabots des bêtes de trait. La forge est permanente, mais le forgeron a également des activités agricoles.

Le fournier / boulanger : un paysan-laboureur qui loue le four banal au seigneur. Il gère les stocks de bois, la cuisson collective et prélève la taxe en nature (le fournage). Note : Ce n’est jamais le meunier (interdiction seigneuriale pour éviter les fraudes).

La rebouteuse : souvent une femme âgée. Elle connaît les simples (plantes médicinales), remet les os en place et accouche les femmes.

Le fournil banal (pendant la cuisson) et la taverne sont les meilleurs endroits pour interroger les locaux et capter les tensions de la région.

Les artisans paysans à temps partiels

Ils ont leurs propres champs et n’exercent ces métiers que sur commande ou pendant la morte-saison (automne/hiver).

Charpentier / charron / menuisier : c’est le même homme qui façonne le bois. Il répare le toit d’une chaumière, taille une poutre, fabrique un coffre ou change l’essieu d’une charrette.

Cordonnier / bourrelier : il travaille le cuir lourd. Il passe son temps à rapiécer les chaussures épaisses des paysans et à entretenir les harnais et selles des bêtes.

Tisserand : il récupère la laine ou le lin filé à la maison par les femmes du village pour en faire des pièces de tissu brut et solide.

Vannier : souvent un ancien ou un manouvrier qui tresse l’osier en hiver pour fournir les paniers indispensables aux récoltes et au transport.

Marchandises & services

Alimentation rustique : du pain de seigle ou d’orge « de garde » (très dur, à tremper), du lard salé, du fromage de chèvre sec, des œufs, du cidre ou de la bière locale.

Matériel de base : Une corde de chanvre grossière, des torches de résine, des chevilles de bois, des sacs en toile.

Rien de luxe : Impossible de trouver des armes ou armures neuves, des vêtements coupés, des épices, du vin fin, du savon, du papier, du parchemin ou des bougies de cire. Pour cela, il faut attendre le colporteur ambulant ou aller au bourg voisin.

Forgerie & réparation : faire ferrer un cheval, réparer un maillon d’armure, une boucle de ceinture, ou faire affûter une lame (Forgeron).

Logement rudimentaire : une place dans la paille de la grange d’un laboureur contre une pièce ou un service. Pas de chambre privée disponible.

Soins d’urgence : un cataplasme d’herbes pour stabiliser une plaie ou faire réduire une fracture (rebouteuse).

Dans un gros village de 700-800 habitants, c’est-à-dire un bourg agricole.

Personnalités (ajouts et évolutions)

L’intendant peut évoluer vers le statut de prévôt si le village est un chef lieu de prévôté.

L’aubergiste (évolution) : ce n’est plus une simple pièce chez un paysan. On trouve désormais une vraie auberge sur l’axe principal, dotée d’une salle commune dédiée, de quelques lits et d’une écurie gérée par un palefrenier à plein temps.

Le garde-chasse / forestier seigneurial : un homme en armes (sergent) dédié à la protection des forêts et des terres du seigneur. Il traque impitoyablement les braconniers et les paysans qui volent du bois.

Le vicaire ou sacristain : avec près de 800 âmes à gérer, le curé ne peut plus tout faire seul. Il est secondé par un vicaire (jeune prêtre) ou un sacristain lettré qui gère l’entretien de l’église et l’école paroissiale s’il y en a une.

Le boucher : la demande est assez forte pour qu’un artisan se consacre à l’abattage et à la vente de viande fraîche plusieurs fois par semaine (et non plus seulement lors des grandes fêtes ou des abattages d’automne).

Les artisans (évolutions et nouveaux venus)

Le forgeron, charpentier et le cordonnier passent désormais à plein temps. Ils ont leur propre échoppe fixe et forment un ou deux apprentis (des jeunes du village).

Le potier : le village génère assez de casse pour faire vivre un potier. Il possède son propre four de cuisson et fournit le village et les hameaux voisins en jattes, cruches et pots en terre cuite.

Le maçon / couvreur : avec 150 maisons, l’entretien des toits (chaume ou tuile) et des murs en pierre (souvent ceux de l’église ou du manoir seigneurial) justifie la présence d’un ouvrier du bâtiment permanent.

Le tailleur / couturier : il ne fait pas de la haute couture, mais il assemble les vêtements de dessus (tuniques, manteaux) à partir des tissus bruts fournis par les tisserands locaux.

Ressources & services (évolutions)

Viande fraîche de manière régulière (bœuf, mouton, porc selon les jours d’abattage chez le boucher).

Vaisselle de terre neuve (cruches, gourdes en terre cuite chez le potier).

Chandelles de suif basiques (fabriquées par le boucher ou l’aubergiste avec les graisses animales).

Tissu de laine ou de lin au mètre (directement aux ateliers des tisserands).

Vrai logement : un lit (généralement à partager avec d’autres voyageurs) à l’auberge, et un repas chaud payant (le "plat du jour" mijoté dans le chaudron commun).

Soin des montures : une place d’écurie couverte pour les chevaux, avec du foin frais et de l’avoine (service payant géré par le palefrenier).

Logistique lourde : possibilité de louer les services d’un charretier avec ses bœufs et sa charrette pour transporter du matériel ou du butin volumineux vers la ville la plus proche.