La Sordolia, province sauvage du nord
La Sordolia est la province septentrionale de Burgonnie, une terre sauvage aux profondes forêts et aux habitants aussi rudes que le climat qui y règne.
Géographie
D’une superficie d’environ 320 000 km², la Sordolia s’étend des rives du fleuve Absial aux contreforts des Sinistérias, formant la province septentrionale de Burgonnie. L’essentiel de la Sordolia est couvert de forêts. La région compte de nombreux lacs, étangs et marécages, ainsi que de très vastes plaines herbeuses.
Sur la côte sud, le climat est frais mais sans extrême. Les précipitations sont abondantes toute l’année, portée par le vent dominant venant du sud-est et chargé d’embruns. L’intérieur des terres est un peu plus sec et surtout nettement plus froid en hiver.
Territoires & régions
La Sordolia est divisée en huit grands territoires :
- les terres de la Couronne, gouvernées directement par le prince depuis Sardam,
- cinq grands fiefs vassaux,
- la Marche de Lund et les Marches Franches.
- Les terres de la Couronne — la plus grande région, centrale, en vert foncé. Gouvernées directement par le prince Sardam. Elles comprennent presque la moitié du territoire de Sordolia (environ 140.000 km²), limitée au nord par le Dernier Rempart.
- Le duché de Lardam — sud, en vert clair. Le fief le plus riche et le plus peuplé de Sordolia, tourné vers la mer et le commerce maritime. Son duc, Lancmon Hareld, est un homme d’affaires autant qu’un seigneur : il entretient des liens étroits avec les plus riches marchands de fourrures de la région et avec les armateurs de la côte sud. La baronnie de Meck, au nord de Lardam, relève de ce duché en tant que vassal direct du duc.
- Le comté de Palidam — est, en vert clair. La péninsule orientale et le pays de l’Ostwilt, dominés par le grand marché de peaux et de fourrures de Palidam. La comtesse Erna Brokkeld, veuve depuis cinq ans, gouverne seule avec une poigne réputée. Son territoire inclut une partie de la côte et les landes du pays de l’Ostwilt.
- Le duché de Karldam — sud est, en vert moyen. Les terres du sud-est, entre le Haut Vildberg et la côte. Le duc Diebold Krantz tient Karldam, cité des artisans. C’est un territoire relativement prospère, dont la renommée repose sur le travail du bois et de l’ébénisterie.
- Le duché de Voldam – en vert clair.
- Le duché de Vorteldam – en vert moyen. Tenu par Andries Vorn, duc de Vorteldam et Marquis de Lund. C’est un vassal du prince d’Avrelanche, mais il gère également les Marches de Lund, dont il répond devant l’Empereur. Cette situation bâtarde le place parfois dans une situation politique tendue.
Les Marches
- La marche de Lund — territoire dépeuplé et âpre, en frontière du Salthar, organisé moins comme un fief traditionnel que comme une zone tampon militaire.
- Les marches franches – péninsule du Komashkaïda. Bien que sous la tutelle du Prince, ce territoire est, dans les faits, quasi-autonome. Il est occupé par une dizaine de clans humains, dirigé par des chefs de guerre.
Villes & villages
- Sardam : capitale provinciale, établie sur une vaste étendue défrichée autrefois connue comme la Clairière de Matar.
- Solidam : ville garnison, dernier avant-poste humain avant les grandes étendues nordiques et les Sinistérias. La ville est placée sur l’autorité directe de l’empereur.
- Lardam : grande ville portuaire et capitale économique de la Sordolia. C’est la ville la plus peuplée de la province.
- Palidam : ce port fortifié installé dans une baie bien protégée abrite un grand marché de peaux et de fourrures où l’on trouve les fourrures les plus rares et les plus prisées.
- Karldam : cette ville de maisons basses est réputé pour la qualité de ses artisans du bois. C’est là que sont fabriqués les plus beaux meubles de Sordolia.
- Voldam : les plus fameux fabricants d’instruments de musique de l’empire sont regroupés dans cette petite ville.
- Geldam : dirigée par une importante communauté naine, cette ville est en partie souterraine. Les nains y exploitent des filons aurifères depuis des siècles et ont en accord ancien avec la Couronne qui leur garantit l’autonomie intérieur.
Villages sur la route Sardam-Solidam
- Fallenbeck – gros village fortifié situé sur la route Sardam–Solidam, à 27,5 km au nord de Sardam. Halte incontournable pour les convois de ravitaillement à destination de Solidam.
- Sundrup, petit village de 150 habitants sur la route Sardam-Solidam, à 27,5 km au nord de Fallenbeck. L’auberge est tenue par une femme seule d’une cinquantaine d’années (Johanna), peu loquace, efficace. Trois chambres de 4 lits. Repas simples et chers.
Routes
- Sardam – Lardam : 255 km (9-10 jours à pied, 6-8 jours à cheval)
- Sardam – Palidam : 315 km (11-12 jours à pied, 7-11 jours à cheval)
De Sardam à Solidam
| Total : 220 km (8-9 jours à pied, 5-7 jours à cheval) |
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Étape 1 : Sardam – Fallenbeck (27,5 km). 10 km pour sortir de la zone agricole de Sardam (hameaux, fermes fortifiées), puis forêt durant 13,5 km. 4 km de zone agricole puis arrivée au village. À partir de Fallenbeck : contreforts des Monts Versdvar visible à l’est. Étape faisable en bateau sur la Rojen. |
| Étape 2 : Fallebenck – Sundrup (27,5 km). 4 km de zone agricole, puis 20,5 km de forêt, puis 3 km de zone. Arrivée à Sundrup. |
| Étape 3 : Sundrup – Nordrup (19 km). Passage par Mullerup (8,5 km) et de son pont (péage). |
| Étape 4 : Nordrup – Morthel (38,5 km). Passage par un pont (28,5 km) |
| Étape 5 : Morthel – Giethmen (43,5 km). |
| Étape 6 : Giethmen – Mataram (36,3 km). |
| Étape 7 : Mataram – Solidam (29,2 km). |
La Forêt Rêveuse
Avec ses quelque 40 000 km², la forêt Rêveuse est la plus grande forêt de Sordolia — et sans doute la moins connue. Elle s’étend depuis les rivages méridionaux jusqu’au pied du Dernier Rempart, large parfois de cent cinquante kilomètres, rétrécissant en d’autres endroits selon le relief. Un seul axe humain la traverse : la grande route nord-sud reliant la côté à Solidam et passant par Sardam, la capitale. Le long de cette route de 325 km s’égrènent quelques villages distants de trente à cinquante kilomètres les uns des autres. Au-delà de ce couloir, c’est terra incognita. La forêt rêve depuis bien avant que les hommes n’y tracent leurs chemins. Ceux qui s’y aventurent au-delà de la route rapportent tous la même chose : une lumière qui change trop vite, des sons qui portent à des distances impossibles, et le sentiment persistant d’être regardé par quelque chose qui n’a pas besoin de se montrer.
Elle est pourtant habitée, densément, à sa manière. Les elfes sylvestres y ont leurs territoires depuis des millénaires ; discrets jusqu’à l’invisibilité, ni bienveillants ni hostiles, ils ont conclu avec les humains de la route un accord tacite : chacun chez soi, l’ennemi commun pourchassé par les deux camps. Cet ennemi commun a plusieurs visages : orcs, gobelins et hobgobelins se disputent les profondeurs de la forêt dans une guerre permanente et silencieuse dont les voyageurs ne voient que les restes — un campement calciné, des flèches dans des troncs. Des trolls et des ogres y vivent en solitaires. Des sylvaniens y veillent à leur façon — peu enclins à l’indulgence envers qui porterait une hache. Et puis il y a d’autres choses, plus mystérieuses… des phénomènes que les mages les plus érudits peinent à expliquer, des zones où le temps ne se comporte pas tout à fait comme prévu, des clairières desquelles personne ne revient jamais tout à fait pareil. La forêt Rêveuse est belle, mystérieuse, et, pour qui sait y lire les signes, parfois accueillante. Mais elle n’appartient à personne.
Fleuves & rivières
Le Sigherd – plus long fleuve de Sordolia. Non navigable sur l’essentiel de son cours.
La Rojen : fleuve qui prend naissance dans les monts Versdvar, passe par Fallenbeck, Sardam et Harkveld. Son embouchure se trouve dans les lacs de Virklund. Il est navigable à partir de Fallenbeck et est vital pour l’économie de Sardam.
Sites remarquables
- La cité maudite : L’antique Valtarno (ou Valtardam), une ville proche de la frontière du Salthar, détruite par les troupes impériales il y a trois siècles et réputée hantée. À raison, d’ailleurs, si l’on en juge par le nombre de disparitions qui se produisent régulièrement dans le secteur.
- La péninsule de Komashkaïda : Située à l’extrémité orientale de la Burgonnie du nord, habitée par des tribus de rudes guerriers aux mœurs barbares et des tribus naines.
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Le Dernier Rempart : Une gigantesque muraille édifiée dans les Sinistérias pour endiguer les attaques des humanoïdes du nord. Cette muraille est régulièrement ponctuée de petits forts abritant quelques dizaines d’hommes (le plus souvent une trentaine). Ces soldats montent la garde et surveillent ce qui se passe au-delà du Rempart, un peu à la manière du Mur dans Game of Throne. (Blason de ces soldats : une tour stylisée sur fond de montagnes)
Régulièrement, des patrouilles solidement armées s’aventurent au-delà du mur dans le but de détecter d’éventuelles traces d’activités.
Habitants
Les habitants de cette région sont plutôt rudes et éprouvent un profond respect pour la nature, bien que les mœurs des habitants des cités côtières soient plus raffinées.
Les Sordoliens sont grands et ont une pilosité plutôt claire. Ce sont des gens droits, honnêtes, travailleurs et, malgré leur rudesse, prompts à aider leur prochain.
Quelle que soit leur profession, tous ont appris à connaître les mystères et les dangers des forêts. Le maniement des armes – particulièrement de la hache – est enseigné aux enfants dès leur plus jeune âge, leur permettant de développer une adresse et une vaillance remarquables.
Politique & organisation
La Sordolia est dirigée par le prince Margor d’Avrelanche. Voir Sardam.
Économie
La Sordolia est peu développée à l’intérieur des terres. Le climat assez rude rend l’agriculture relativement peu productive. Les zones de pâturages ne sont pas fréquentes et pas toujours sûres. La région jouit par contre d’une faune à fourrure variée et abondante ainsi que d’essences de bois précieux.
Cette province exporte surtout du bois précieux, de la fourrure (castor, hermine de Komashkaïda et renard blanc), de la bière et des meubles qui se vendent à prix d’or dans tout Paorn.
Les colonies naines qui se sont installées aux abords de la chaîne des Sinistérias produisent des métaux précieux (argent et or) et des gemmes rares.
Histoire de la Sordolia
Les Anciens Royaumes du Nord
Avant la colonisation burgonne, la Sordolia n’était pas une terre vide — elle était morcelée en de nombreux petits royaumes humains, souvent pas plus grands qu’une vallée ou un bassin versant. Pas d’unité politique, pas de langue commune fixée, mais un fond culturel partagé : une même manière de voir les morts, les saisons, le ciel. Les chefs n’étaient pas des « rois » au sens burgon — c’était davantage des rois de collines, des seigneurs de clairières, dont le pouvoir reposait sur l’ancienneté de leur lignée et leur capacité à tenir les passages.
Les cercles de pierre n’appartenaient à aucun royaume en particulier. C’était des lieux neutres, inter-royaumes — des espaces de trêve, de conseil, peut-être de calendrier agricole ou d’astronomie rituelle. Des endroits où les rois du nord se retrouvaient périodiquement, sans armes, pour des raisons que les Burgons n’ont jamais vraiment comprises et ont fini par qualifier de « superstitions de barbares ».
La colonisation burgonne
Pendant les deux premiers siècles de l’Empire, la Sordolia resta hors du champ d’action impérial. C’était une terre morcelée en une vingtaine de petits royaumes humains — les Anciens Royaumes du Nord — dont les chefs, que les chroniqueurs burgons appelleront plus tard – non sans une pointe de dédain – les Rois de Clairières, tenaient leur pouvoir de l’ancienneté de leur lignée et de leur capacité à tenir les passages dans les forêts et les montagnes. Ces royaumes n’avaient pas de langue écrite commune, pas d’armée unifiée, mais partageaient culture, pratiques funéraires et une vénération ancienne pour les cercles de pierre qui ponctuaient leurs territoires.
La colonisation burgonne, amorcée au début du XIe siècle sous l’Empereur Séveran II le Diplomate, ne fut pas une conquête militaire. Elle fut une absorption progressive sur deux ou trois générations : des avant-postes marchands d’abord, des mariages dynastiques, des garnisons acceptées en échange de protection contre les raids humanoïdes. Certains royaumes résistèrent et furent vaincus. D’autres se fondirent sans violence dans l’ordre burgon, leurs chefs requalifiés en comtes ou en barons vassaux. La fondation de Sardam en 1102 — sur la Clairière de Matar, défrichée selon la tradition par un ancêtre légendaire nommé Matarcald le Défricheur — symbolise cette transformation : une ville planifiée, construite en pierre, au cœur d’une terre qui ne connaissait que des établissements de bois.
En quelques générations, la Sordolia fut intégrée à l’Empire comme troisième province. Le résultat est la Sordolia actuelle : une population qui vit sous des institutions burgonnes, mais dont la langue, les toponymes, les proverbes et certaines pratiques funéraires trahissent encore les racines du nord.
Les cercles de pierre sont toujours là.
Les descendants des anciens lignages nobles existent encore — appauvris, sans mémoire claire de ce qu’ils étaient, portant des patronymes sordoliens qui cachent des noms de chefs d’il y a six siècles.
Particularités
La région abrite des aurochs, des bisons et des rennes dans les plaines herbeuses. Des animaux sauvages (loups, ours, lions des montagnes, gloutons, etc.) peuvent représenter un danger pour le voyageur isolé. Des tribus de pillards humanoïdes (gobelins et orcs, essentiellement) mettent régulièrement à sac les villages mal défendus.
Habitants & créatures des forêts sordoliennes
Les forêts sordoliennes sont dangereuses car habitées par de nombreuses créatures.
- Animaux : ours bruns, lynx et lynx géants, pumas, loups, loups noirs (dire wolf), worgs, oiseaux géants, cerfs, chevreuils, sanglier, blaireau, mustélidés…
- Dragons : Les dragons restent, bien sûr, excessivement rares. Cinq espèces peuvent être aperçues en Sordolia : les dragons noirs, verts et rouges, ainsi que les dragons de bronze et d’argent, bien que ces deux derniers ne se montrent quasiment jamais sous leur vraie forme.
- Créatures sylvestres : dryades, farfadet (leprechaun), esprits-follets (sprite), pixies, satyres, licorne (très rares), centaures
- Géants : ettin, géant des collines, verbeeg, géants des bois
- Humanoïdes : elfes des bois, elfes noirs, gobelins, hobgobelins, orcs, orogs, ettercaps, ogres, trolls, trolls d’eau douce, trolls à deux têtes, trolls géants
- Créatures insectoïdes : Ankheg, araignées (énormes et géantes)
- Monstres : bulettes, catoblepas, ours-hiboux, griffons (très rares)
- Autres créatures : poudings bruns, étrangleurs (plant - choke creeper), sylvaniens (treant)
Dolmens et cercles de pierres
La Sordolia a toujours été un « pays magique », comme en attestent les menhirs, dolmens et cercles de pierre que l’on trouve un peu partout.