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Le Moyen Âge

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Démographie médiévale

Densité de population

À l'échelle d'un pays, cette densité varie entre 10 et 50 habitants/km² selon l’hospitalité des terres et du climat.
France, XIVe siècle : environ 40 habitants/km²

Environ 90 % de la population vit dans des villages et hameaux.

Distance moyenne entre chaque agglomération selon le niveau de population de la région. Un niveau de population épars correspond à une zone peu passante du haut Moyen Âge, tandis qu’un niveau de population dense correspond à une région prospère à la fin du Moyen Âge.

Densité Village Bourg Ville
Éparse 30-50 130-200 -
Moyenne 10-30 50-100 130-200
Dense 8-20 30-50 60-110
Espacement des centres d’habitation (km)

Taille des agglomérations

Densité de population dans une zone urbaine : 150 à 160 habitants par hectare.

Les plus grandes villes font entre 25000 et 100000 habitants.
Paris au XIIIe siècle (plus grande ville d'Occident) : 200 000 habitants.

Zone agricole

Zone d'exploitation agricole autour des agglomérations :

  • Diamètre agricole d’un village : de 3 à 8 km
  • Diamètre agricole d’un bourg : 3 à 15 km
  • Diamètre agricole d’une ville : 8 à 50 km

Commerces & échoppes

Communs (200-400 habitants)

Barbier
Cordonnier
Forgeron
Fourreur
Fripiers (vêtements d'occasion)
Guérisseur / Médecin
Marchand (petit équipement courant)
Pâtissier (nourriture à emporter)
Tailleur / Couturier
Tanneur
Taverne (boisson, éventuellement repas)

Assez communs (800-1000 habitants)

Artisan du cuir
Auberge
Boucher - volailler
Boulanger
Chandelier
Chapeliers
Épicier (marchand d'épices, de miel, de confiture...)
Étable / Écurie
Fabricant de fourreaux
Fabricant d’arcs et de flèches
Faiseurs de bourses
Marchands de tissus
Marchands de vins
Maréchal-ferrant
Meunier
Poissonniers
Prêteur sur gage
Savonnier
Sellier / Bourreliers
Tisserand (cardeur, fileur, etc)
Tonnelier
Vannier

Peu répandus (1700-2000 habitants)

Armurier (fabricant d’armes)
Blanchisseurs
Brasseur
Copiste
Cordier
Coutelier
Ébéniste
Fabricant de boucles
Fabricant de charrette (charron)
Pension
Potier
Serrurier
Tapissier

Rares (2500-5000 habitants)

Apothicaire / Herboriste
Armurier (fabricant d’armure)
Enlumineur
Fabricant de bateaux
Fabricant de tuiles
Forgeron spécialisé (fondeur de laiton, chaudronnier, tallandier, ferblantier, etc.)
Fromager
Gantier
Joaillier / Orfèvre
Marchand de papier, matériel d'écriture ou d'art
Marchands de bois
Marchands de foin
Relieur
Teinturier

Très rares (5000+ habitants)

Confectionneur d’habits de luxe
Fabricant de papier
Fabricant de parchemin
Luthier
Maison de charité/Hospice
Parfumeur
Scribe / Clerc
Souffleur de verre / vitrier

Métiers sans échoppe

Construction

Couvreur
Fossoyeur
Ingénieur
Maçon
Menuisier / charpentier / Scieur de long
Ouvrier
Peintre
Plâtrier
Tailleur de pierre

Mines

Abatteur (détache le minerai et le concasse avant manutention)
Manutentionnaire (charge et transporte le minerai)

Professions intellectuelles

Avocat
Chirurgien-barbier
Érudit
Prêtre
Sage-femme

Métiers de pauvres

Assistant d'artisan
Chiffonnier
Docker
Domestique
Garçon d'échoppe
Garçon d'écurie
Lavandière
Livreur de nourriture
Porteur
Porteur d’eau
Ramoneur
Ratier
Marins
Mineur
Voleur / Mendiant

Divers

Artisan itinérant
Charretier / muletier
Croque-mort
Fauconnier
Guide / interprète
Marchand ambulant
Ménestrel / amuseur
Navigateur
Troubadour / jongleur

Officiels

Agent de l’ordre (garde, milicien, etc.) : Chargé de maintenir l'ordre et la sécurité
Almoinier : Responsable de la distribution des aumônes et de l'assistance aux pauvres
Bailli : Représentant du pouvoir royal dans une localité, responsable de l'administration et de la justice
Capitaine de la garde : Responsable de la supervision et du commandement des gardes et des soldats
Chambellan : Responsable de la gestion de la chambre du seigneur, souvent chargé des finances et des affaires domestiques
Chancelier : Responsable de la rédaction et de la conservation des documents officiels et des archives
Collecteur d'impôts ou de taxes : Chargé de percevoir les impôts et les taxes pour le seigneur ou l'autorité locale
Connétable : Officier militaire de haut rang, responsable de l'armée et de la défense du territoire
Écuyer : Jeune noble en formation pour devenir chevalier, souvent au service d'un seigneur
Greffier : Responsable de la tenue des registres et des documents judiciaires.
Hérault / Annonceur public : Chargé de faire des annonces publiques et de transmettre les messages officiels
Intendant : Responsable de la gestion des domaines et des finances du seigneur
Juge : Responsable de l'administration de la justice et de la résolution des litiges
Maréchal : Officier militaire responsable de la cavalerie et de l'organisation des armées
Messager : Responsable de la transmission des messages entre différentes parties
Notaire : Responsable de la rédaction et de la conservation des actes juridiques et des contrats
Officier : Chargé d’une mission publique particulière par le roi ou le seigneur
Prévôt : Officier chargé de la police et de la justice dans une ville ou une région
Procureur : Représentant de l'accusation dans les affaires judiciaires. Sénéchal : Responsable de l'administration des domaines seigneuriaux et de la justice
Sergent de justice (huissier) : Chargé de l'exécution des décisions de justice et de la convocation des parties devant les tribunaux
Trésorier : Responsable de la gestion des finances et des trésors du seigneur ou de l'autorité locale
Viguier : Officier de justice et d'administration dans certaines régions, similaire au bailli

À la campagne

Apiculteur
Berger / vacher / porcher / bouvier
Bûcheron
Charbonnier
Chasseur
Fermier
Garde-forestier
Laboureur
Maraîcher
Pêcheur
Serf
Vigneron
Volailler

Marchandises & Ressources

Aliments & boissons

Céréales : blé, orge, avoine, seigle, millet, épeautre
Légumes : navets, chou, céleri, carottes, fèves, pois, haricots, lentille, ail, oignon, betteraves, épinards, poireaux, radis.
Fruits : raisins, pommes, châtaignes, poires, coing, pêches, abricots, prune, cerises, mûres, fraises, noisettes, noix.
Sel & épices : sel, poivre, gingembre, cannelle, clou de girofle, safran, moutarde, anis, graines de coriandre, muscade.
Herbes aromatiques ; persil, sauge, romarin, thym, marjolaine, menthe, origan, sarriette, aneth, laurier, ciboulette, fenouil, coriandre
Produits animaux : œufs, fromages, beurre, lait (vache, brebis, chèvre), crème, babeurre
Viandes : bœuf, mouton, porc, chèvre, veau, cheval, lapin
Volailles : poulet, canard, oie, dinde, caille, cygne, pigeon, pintade
Charcuterie : saucisses, boudin, pâté, jambon, lard, viande séchée, rillette, terrine
Gibier : cerf, daim, biche, sanglier, faisan, perdrix, coq de bruyère, lièvre, lapin.
Poissons & fruits de mers : hareng, morue, truite, carpe, anguille, saumon, huîtres, moules, crevettes
Condiments : vinaigre, huile, miel, moutarde
Alcools : vin, hydromel, liqueur, eau-de-vie, cidre, bière, hypocras (vin épicé), poiré (cidre de poire)

Biens de consommation courante

Vaisselle : carafe, assiette, bol, cuillère, gobelet, pichet, plat, en terre cuite, en étain, en argent, en cuivre, en bois, en verre
Ustensiles de cuisine : poêle, marmite, chaudron, louche, couteau, pots, mortier et pilon, écumoire, spatule
Artisanat : panier, sac, bourse, besace, couverture, drap, tapis, tonneaux, bassine, seau, pots, corde, chaîne, étui, jouet, instrument de musique
Éclairage : chandelle, bougie, suif, cire, huile, lampe, briquet, torche, bougeoir, lanternes, chandeliers
Outils : marteau, maillet, ciseau(x), scie, rabot, clous, pointes, pitons, pierre à affûter, pinces, tenailles, huile à lubrifier, chiffons, ficelle, lanières, poinçon, corde à nœuds, craie, faux, faucille, houe, lame d'araire ou de charue, meule de pierre, hache, burin, truelle
Confection : soie, velours, chanvre, laine, lin, fourrure, cuir, feutre, dentelle, matériel de couture, de tissage, de filage de brodage, teinture, fil, aiguille
Vêtements : chemise, robe, jupe, gilet, cape, tunique, surcot, pantalons (chausse, braies…), chaussures, chaussettes, manteau, gants
Accessoires vestimentaires : ceinture, tablier, foulard, châle, écharpe, gants, coiffe, chapeau, capuche, ruban, épingle, broche, ceinture à bourse, éperons
Matériel pour fumer : tabac ou autres plantes, pipes, tabatière, briquet à sliex
Lecture & écriture : livre, parchemin, encre, papier, plume, cire, sceau, cachet de cire, stylet
Bijoux : anneau, bracelet, boucles d'oreille, pectoral, chevil­lère, broche, gorgerin, fibule, collier, diadème, pendentif
Objets religieux : statuette, icône, symbole religieux, encens, encensoir, chapelet, livre de prières
Toilette & hygiène personnelle : miroir, peigne, savon, brosse, gant de crin, onglier, bain de siège, parfum
Mobilier  armoire, bahut, crédence, siège, table, coffre, lit, banc, étagère
Harnachement : selle, couverture de selle, brides, sac à nourriture, rênes, fouet, entrave, harnais, barde, étries, mors, licol.
Système de fermeture : cadenas, clenche, charnière, gond, loquet, serrure, verrou, targette, boulon
Herbes médicinales et remèdes : baume, onguent, tisane.

Ressources végétales

Cultures (légumes, légumineuses, céréales, fruits, condiments, herbes aromatiques)
Produits de la forêt (glands, faînes, merises, pommes sauvages, nèfles, aubépine, cynorhodons, noix, noisettes, chataîgnes, prunelles, framboises, mures, fraises, sorbes, cornouilles, plantes médicinales et aromatique).
Bois (chauffage, construction, ébénisterie, vannerie, écorce pour tannerie)
Espèces rares (champignons, plantes médicinales)
Brai (goudron végétal pour étanchéifier toits et murs, résines)

Ressources animales

Élevage (viande, cuir, graisse, fourrure, lait, miel, œufs)
Chasse (même matières premières)
Pêche

Ressources minérales & métaux

Sel
Pierre (pierre de taille, argile, boues)
Métaux (cuivre, fer, plomb, étain, mercure, or, argent, (mithrill))
Autres minéraux (sels, cristaux, pierres précieuses)

Paysans & agriculture

Travaux de saisons

La majorité de la main-d’œuvre est louée. Manouvriers, gens de peine, sont embauchés suivant les travaux et les saisons (laboureurs, faucheurs, moissonneurs, bergers, bûcherons).

Hiver

La terre gelée est au repos et les paysans se font bûcherons (le bois sert à tout : construction, cuisine, chauffage, fabrication de charrettes et outils) ou artisans (vannerie, tannerie - chaussures, harnais).

Printemps

Labours (dès que la terre est dégelée) et semailles. Tailler la vigne.
Le printemps est la période des disettes lorsque la moisson précédente a été maigre et que la nouvelle récolte tarde à venir.
Entre avril et juin a lieu la tonte des moutons.

Été

Fauchage des foins, puis moisson. Les épis sont coupés à la faucille. Les tiges sont laissées sur place pour servir de pâture. Les chaumes seront brûlés afin de fertiliser la terre.
La récolte des épis est déposée sur l’aire (terrain plat où l’on bat le grain) puis battue au fléau ou piétinée par les mulets. Pendant les mois suivants, le grain sera moulu en fonction des besoins.

Automne

En octobre, la terre est travaillée à nouveau pour recevoir les semailles d’hiver qui germeront au printemps suivant. Temps des vendanges.
La forêt donne ses fruits : miel, glands pour les porcs, noisettes, châtaignes (farine pour les plus pauvres). Dans les clairières on fabrique le charbon de bois.

Quelques chiffres

Surfaces cultivées

Un paysan et sa famille pouvaient généralement cultiver entre 4 et 10 hectares, avec une moyenne d'environ 6-8 hectares pour une exploitation familiale standard.

Cette surface dépendait de :

  • La qualité du sol
  • Les outils disponibles (araire simple ou charrue plus efficace)
  • Le système agricole (assolement biennal ou triennal)
  • La force de travail familiale disponible
  • Le statut du paysan (serf ou homme libre)

Un paysan pouvait travailler 1 à 2 hectares à la seule force de ses bras. S’il disposait d’un animal de trait, cela pouvait monter jusqu’à 3 à 5 hectares
Ces valeurs peuvent varier considérablement selon la qualité du sol (un sol lourd et argileux demandait plus d'effort) et le relief (les terrains en pente réduisaient l'efficacité)
Ces estimations correspondent à ce qu'un paysan pouvait raisonnablement entretenir tout au long de l'année, en incluant toutes les tâches agricoles labour, semis, entretien, récolte

Rendements

La table ci-dessous donne des indications sur la surface nécessaire pour couvrir les besoins alimentaires d’une personne (ha/personne), ainsi que sur le nombre de personnes qu’un paysan est capable de nourrir (y compris lui-même), en se basant sur une surface cultivée de 2 à 3 hectares par paysans.

Le rendement variait de 1:2 à 1:5.

Rendement ha/personne personne/paysan
1:2 1 – 1,5 1,3 – 3
1:5 0,4 – 0,7 3 – 7

Outils & techniques agricoles

L’araire : charrue de bois dépourvue de roues. Elle creuse des sillons sans retourner la terre. Efficace sur les sols légers mais insuffisante pour les terres humides, argileuses du nord.
La charrue : la charrue à versoir aère la terre en profondeur. Outil coûteux qui contient du fer et nécessite la force d’un animal de trait (des bœufs plutôt que des chevaux.
La herse : instrument aratoire formé d’un châssis muni de fortes dents et qui sert, après le labour, à briser les mottes.
La houe : Pioche à large fer courbé servant à remuer la terre.
Autres instruments : faucille, faux, râteau, fourche, fléau à grains.

L’assolement triennal : pratique la plus répandue. 1e année : céréales d’hiver, 2e année : céréales de printemps, 3e année : jachère.

L’irrigation

Le fumier est l’un des seuls fertilisants que l’on connaisse à cette époque, mais son utilisation est peu répandue car il faut pour cela avoir un cheptel développé.

Récoltes et produits

Polycultures de céréales (seigle, blé, avoine, orge). Les céréales sont complétées dans l’alimentation par quelques légumineuses : fèves, pois, lentilles.

Dans les forêts on récolte pour le bétail autant que pour les hommes : glands, faînes, merises, pommes sauvages, nèfles, fruits de l’aubépine, cynorhodons, noisettes, prunelles, framboises, mures, fraises. Le mille-pertuis ou la marjolaine peuvent servir de condiment ou de remèdes.

Élevage : le porc est l’animal prédominant car il donne plus de viande par rapport à son poids. Tout se mange et sa chair grasse se conserve bien.

Corvées, taxes & impôts

Beaucoup de petits seigneurs tirent la plus grande part de leurs revenus des terres qu’ils possèdent. Elles sont exploitées par des serfs ou des manouvriers, ou cédées en fermage sous forme de tenure. Le seigneur a souvent mieux à faire que de s’occuper de ses domaines. Il confie cette tâche à un intendant qui surveille les travaux agricoles et lève les impôts.

Le seigneur fait payer cher sa protection, d’abord sous forme de corvées : curer les fossés, empierrer les chemins, rentrer du bois, rentrer du fourrage…

Puis à mesure que l’argent circule mieux, les corvées sont remplacées par les redevances directes et indirectes servant à payer la protection du seigneur, le loyer de la terre, les droits pour utiliser le moulin, le pressoir et le four à pain que le seigneur a fait construire et que lui seul a les moyens d’entretenir.

Les serfs doivent payer des impôts particuliers au moment d’un héritage et pour se marier à l’extérieur de la seigneurie.

Différents types de paysans

Les hommes libres : des paysans qui travaillent sur les terres d’un seigneur et sont locataires de parcelles (tenures). Les seigneurs peuvent employer des salariés ou louer leur réserve à des fermiers.

Les serfs sont attachés à une terre et un maître mais ne sont pas non plus des esclaves. Ils peuvent vivre en famille et posséder quelques biens. Les serfs exploitent une partie du domaine que le seigneur garde pour lui (la réserve).

Les laboureurs : certains fermiers réussissent à s’enrichir. Les laboureurs, possèdent une paire de bœufs ou un cheval et un attelage. Rien à voir avec les pauvres manouvriers qui n’ont que leurs bras.

Voyageurs

Distances quotidiennes

À pied

  • En moyenne, un marcheur peut parcourir 25 à 30 km par jour. Cette distance prend en compte les arrêts nécessaires, les repas, et le repos.
  • Sur de bonnes routes et sans bagages encombrants, cette distance pouvait s'étendre jusqu'à 40 km par jour. C’est un rythme soutenu, souvent pour des raisons impératives.
  • Sur un terrain difficile (montagne, forêt, chemins boueux), ou avec un groupe plus important (famille, pèlerins), la distance pouvait tomber à 15-20 km par jour.

Ces chiffres dépendent grandement de l'état des chemins (une voie pavée est un atout majeur), du poids des bagages, des conditions météorologiques et de la santé du voyageur.

À cheval

La distance que pouvait parcourir un cavalier au Moyen Âge sur de longues distances variait considérablement en fonction de plusieurs facteurs (état des routes, terrain, météo, etc.).

  • Une distance moyenne de 30 à 50 km par jour est réaliste. Cette estimation correspond à un rythme modéré (pas et trot), permettant de ne pas épuiser le cheval sur le long terme.
  • Des pointes à 60 km par jour étaient possibles sur de bonnes routes, mais ne pouvaient pas être maintenues sur plusieurs jours d'affilée.
  • Les messagers, qui utilisaient des chevaux de relais, pouvaient atteindre des vitesses bien plus élevées, allant parfois jusqu'à 100 km par jour, voire plus dans des cas exceptionnels. Cependant, ils changeaient de monture régulièrement.

Avec des chariots

La distance parcourue par un chariot chargé de marchandises au Moyen Âge dépendait largement de l'animal de trait utilisé et de l'état des chemins. Le rythme était considérablement plus lent que celui d'un cavalier ou d'un voyageur à pied.

  • Tiré par des bœufs : les bœufs sont lents mais très endurants. Un chariot tiré par des bœufs pouvait parcourir 15 à 20 km par jour. Leur allure est très faible, mais ils sont capables de tirer de lourdes charges sur de longues distances. C'était une méthode de transport courante pour les marchandises lourdes et volumineuses.
  • Tiré par des chevaux : Les chevaux de trait sont plus rapides et plus vifs que les bœufs. Un chariot tiré par des chevaux pouvait parcourir 25 à 30 km par jour, soit une vitesse comparable à celle d'un marcheur. Cependant, le coût d'entretien des chevaux était plus élevé que celui des bœufs, et ils nécessitaient plus d'attention.

Ces chiffres sont des moyennes. Les conditions réelles sur les routes médiévales, souvent en mauvais état, boueuses ou encombrées, pouvaient réduire considérablement ces distances. Les convois de marchands voyageaient souvent en groupe pour des raisons de sécurité, ce qui pouvait également ralentir le rythme. De plus, les arrêts pour le repos des animaux et le chargement/déchargement de la marchandise étaient fréquents.

Gens du commun

Dans les régions habitées, la plupart des rencontres seront des gens du communs vaquant à leurs occupations quotidiennes.

Villageois

Près de leur village, ces personnes sont impliquées dans une tâche agricole (garde de troupeau, entretien des cultures, récoltes, recherches de noix ou de baies sauvages, recherche d’un animal égaré, etc) ou autre tâche quotidienne.

S’ils sont rencontrés sur la route, ils peuvent être en train d’amener leurs produits sur un marché voisin, de revenir du marché, d’aller visiter de la famille (ou d’en revenir), etc.

Charretier

Les charretiers transportent des marchandises diverses. Dans les zones rurales, il s’agira de produits agricoles ou d’outils (du fumier aux céréales, en passant par des socs de charrues ou de meule de pierre), que ce soit pour le compte de leur seigneur ou pour le leur.

Sinon, ils peuvent avoir un lien avec « industrie » locale (mine, carrière, argilière) et transporter du matériel approprié.

Dans des zones peu sûres, ils peuvent être accompagnés d’hommes d’armes.

Travailleurs itinérants

Les travailleurs itinérants peuvent être des citadins très pauvres cherchant à compléter leur maigres revenus par des travaux agricoles saisonniers (particulièrement à la période des récoltes) ou des paysans qui ont déserté leur tenure ou fui la famine, la guerre, des inondations, la maladie, les incursions de brigands, etc.

Mendiants & religieux

Les mendiants peuvent être des travailleurs itinérants qui n’ont pas trouvé de travail ou des mendiants « professionnels » (la plupart d’entre eux ayant alors un handicap feint ou réel).

Les ermites solitaires demandant l’aumône aux voyageurs étaient courants au Moyen Âge. Ils vivaient souvent près de ponts ou de chapelles et demandaient l’aumône en échange de leur entretien.

Enfin, on peut rencontrer des religieux itinérants prêchant sur la route.

Chasseurs communs

Ces personnes chassent pour subvenir à leur besoin. Dans les zones habitées, ils chassent le petit gibier si le gibier plus prestigieux est réservés aux noble.

Dans les zones plus sauvages, les chasseurs recherchent un gibier plus « exotique », généralement pour leur capture et leur revente. Dans ce cas, ils sont généralement assez compétents et relativement bien équipés.

Hors-la-loi

Il peut s’agir de serfs en fuite, de chasseurs communs qui se sont fait prendre avec du gibier interdit ou de malfaiteurs fuyant la justice locale. Ils peuvent éventuellement être considérés par la population locale comme des justiciers.

Marchands et artisans itinérants

Les villages médiévaux ne sont généralement pas assez grands pour disposer de nombreux artisans et dépendent de marchands ambulants pour satisfaire à beaucoup de leurs besoins. Même les forgerons et les charrons (qui peuvent faire office de constructeurs de maison, de charpentiers, de fabricant de cercueil, etc.) seront des artisans itinérants si les villages locaux sont trop petits pour disposer d’artisans propres. Les villageois doivent également acheter certains biens nécessaires (sel, métaux, brai, outils, pots et vaisselles). Les plus riches attirent les marchands d’objets/produits de luxe tels que vins, huiles, étoffes, etc).

Parmi les commerçant et artisans itinérants typique, on trouve : cordonniers et sabotiers, vendant et réparant des biens en cuir et des chaussures ou des sabots ; des tailleurs vendant, réparant ou confectionnant des vêtements divers sur commande ; des menuisiers réparant les construction en bois et vendant des objets en bois tels que bols, ustensiles de cuisine, seaux, bacs, fûts ; des couvreurs construisant ou réparant les toits ; les rétameurs et autres travailleurs de métaux avec leur forge portable vendant et réparant des objets en métal, affûtant les lames ; et les médecins, herboristes et alchimistes itinérants vendant des herbes médicinales ou des potions alchimiques.

Ces voyageurs professionnels utilisent généralement une charrette ou un chariot et se déplacent en compagnie d’assistant(s) qui peuvent être des membres de leur famille.

D’autres exemples de marchand et artisans itinérant :

Colporteurs

Ils voyagent à pied et vendent une grande variété d’articles (épingles, instruments de musique, bourses, rubans, dentelle, gants, couteaux, verres, peau de lapin, vestes, casquettes, chapeaux, ceintures, étains, pots). Dans les régions policées, ils ont besoin de licence et doivent rester sur le parcours qui leur a été attribué.

Marchands locaux

Ces marchands restent cantonnés à une ville et des villages relativement proches. Comme les colporteurs, ils vendent et achètent une grande variété de biens.
Les villes ont besoin de la production agricole des villages tandis que les villages importent les marchandises qu'ils ne produisent pas.
Ils peuvent également faire le commerce d’un matériau brut produit localement. Ils voyagent généralement en plus petits groupes et sont moins bien protégés que les marchands ayant un plus grand rayon d’action.

Chaque marchand local est accompagné d’un scribe et de 1-3 charrettes avec leur cocher (ou animaux de bât avec leur muletier). Si la région est peu sûre, il peut également y avoir quelques hommes d’armes.

Maçons, charpentiers et terrassiers

Ces artisans peuvent voyager sur de longues distances pour obtenir un travail sur un vaste chantier tel qu’un château, un temple ou des murs d’enceinte. Les grues et échafaudages sont construits sur place ; les outils sont souvent fournis par l’employeur. Les journaliers par contre préfèrent utiliser leur propres outils pour terminer leur apprentissage.

Scribes

Ils sont généralement à la recherche d’un emploi permanent. Ils financent leur voyage en servant à l’occasion d’écrivain public. Ils peuvent également postuler pour un emplois sur un grand chantier mentionné plus haut comme comptable. Ils sont des sources fiables d’informations.

Bandits

Pratiquant le vol des voyageurs comme un métier (plutôt que par nécessiter comme le font les hors-la-loi), les bandits sont généralement bien équipés et se battent plutôt bien. La plupart des bandits sont des ex-mercenaires, des déserteurs, des hors-la-loi reconvertis avec succès, des chevaliers sans terre et autres types de mécontents.

Dignitaires

Nobles et leur suite

Des nobles de haut rang peuvent avoir des terres disséminées dans le royaume. Cela permet au roi de contrôler plus facilement les nobles en les privant d’une base compacte qui leur permettraient d’organiser facilement une rébellion. Au lieu de recevoir leur impôts et autres dus en un seul lieu, il est courant que des seigneurs et leur suite voyage de domaine en domaine, pour collecter ou profiter de leur dus en restant quelques jours dans un domaine avant de passer au domaine suivant. Cette coutume peut même s’appliquer aux rois. Des pourvoyeurs (voir plus loin) partent avec de l’avance sur le groupe principal, réquisitionnant des charrettes (souvent sans compensation) et exigeant céréales, foin, avoine, bière et viande aux paysans malchanceux.

Les nobles et leur épouse voyagent dans des chariots de luxe ou à cheval. Leur suite peut être très vaste. Un roi, par exemple, est précédé de deux douzaines d’archers et accompagné de son général (responsable des opération militaire sur le terrain), de son sénéchal (responsable des palais et châteaux royaux, dont la fonction consiste, entre autre, à les garder libres de courtisans et vassaux indésirables), de son chambellan (comptable en chef), de son maréchal de la salle (dont le rôle est d’éjecter les intrus de l’entourage du roi), de son intendant (responsable de l’organisation du voyage, qui, notamment, informe les notables d’un lieu de l’arrivée imminente du roi), et de son chancelier (responsable de la justice), chacun d’entre eux ayant leurs propres serviteurs.
En plus de cela, il y a généralement des chevaliers, écuyers, clercs, valets, charretiers, porteurs, fauconniers, chasseurs, messagers, cuisiniers et assistants de cuisine.
La suite proprement dite peut être suivie par des nobles tombés en défaveur cherchant à retrouver les bonnes dispositions du roi, ainsi que d’autres solliciteurs divers. Ce dernier groupe passe généralement l’essentiel de son temps à se quereller, voler et assassiner, se rendant indésirables (ainsi que le roi) dans la région qu’ils traversent.

Les nobles mineurs comptent des dignitaires de l’église (qui peuvent également être d’importants propriétaires terriens), qui voyagent de la même manière, mais à une échelle réduite.

Nobles chasseurs

Ce sont des dignitaires locaux (avec leur parents, amis ou invités) ou des membres de la suite d’un noble passant dans la région. Dans tous les cas, ils chassent pour le plaisir et sont accompagnés de serviteurs divers, rabatteurs, fauconniers et autre personnel nécessaire.

Chevaliers en mission

Les chevaliers peuvent être à la recherche d’aventures pour leur propre compte ou accomplir une quête pour leur suzerain, leur dame ou pour l’accomplissement d’un vœu.
Une quête peut consister en abattre des monstres ou des brigands, porter secours à des otages, se venger de personne ayant nui à eux-mêmes ou à leur seigneur ou encore obtenir un renseignement auprès d’un sage retiré du monde.
Un chevalier peut également être en voyage vers un lieu où se déroule un conflit majeur, une croisade ou un tournoi. Les chevaliers sont généralement accompagnés d’un écuyer et éventuellement de compagnons d’armes si leur tâche le nécessite.

Bandits

Dans des régions peu contrôlées, les voyageurs peuvent se faire détroussés (ou pire) par des bandes quasi-seigneuriale dirigées par des chevaliers ou des nobles qui imposent leur propre loi.

Officiels

Baillis

Ils sont responsables de la collecte des taxes et juges des offenses graves (banditisme, viol, meurtre, sorcellerie, apostasie, destruction de ponts et de routes, etc.) auprès de la couronne. Ce sont généralement des nobles influents. Ils peuvent se déplacer d’une cour de justice à l’autre, en étant accompagnés de gardes, serviteurs et scribe(s).

Prévôts

Ces hommes travaillent sous les ordres des baillis, appréhendant les hors-la-loi et collectant certaines taxes au nom des baillis.

Intendants

Les nobles importants ayant de trop nombreux domaines pour le gérer personnellement chargent des sénéchaux de le faire à leur place. Ils se rendent aux différents manoirs du seigneur pour concevoir et mettre en œuvre la gestion agricole du domaine, gérer la cour des manoirs en l’absence du seigneur, s’assurer que les services dus sont bien rendus et recevoir les doléances des villageois.

Magistrats

Ils voyagent pour rendre la justice et sont souvent nommé par le roi pour contrebalancer l’influence des baillis seigneuriaux.

Pourvoyeurs

Ils précèdent la suite d’un noble en voyage afin de réquisitionner carriole et provisions. S’opposer à un pourvoyeur authentique peut entraîner des sanctions sévères, mais certaines personnes se faisant passer pour de pourvoyeurs sont en fait des escrocs.

Messagers

Ils sont employés par des nobles, des officiels ou des dignitaires ecclésiastiques et ont en leur possession une preuve de leur statut. Dans les régions sauvages, ils ont toujours une monture. Les gêner dans leur tâche entraîne généralement de lourdes sanctions mais cela peut permettre d’obtenir des informations de première importance. Les marchands influents utilisent à l’occasion les services de messagers, mais ceux-ci ne jouissent pas du même statut et de la même protection juridique.

Patrouille

Soldats « officiels » assurant la sécurité dans une zone généralement civilisée. Dans une zone sauvage, une patrouille a généralement une mission spécifique.

Saltimbanques

Des nombreuses sortes d’amuseurs publics peuvent être rencontrés entre deux marchés, foires, ville, festivals et banquets de riches maisons. Ils ont de nombreuses informations concernant les villes locales et connaissent toutes les rumeurs. Les saltimbanques se déplacent généralement en groupe, de plus en plus nombreux suivant l’ordre de mention dans la liste suivante :

Bardes et ménestrels : ils chantent ou récitent les épopées de héros.

Magiciens / illusionnistes : ils peuvent être de vrais lanceur de sorts (de bas niveaux) ou de simples « illusionniste » ayant un bon score dans la compétence Tour de passe-passe.

Montreurs d’ours

Jongleurs

Mangeurs de feu

Acrobates

Acteurs / Troupe de théâtre itinérante : ils jouent des pièces et saynètes basées sur des légendes ou des personnages historiques. Ils peuvent également jouer des pièces satyriques à la demande d’opposants au personnage qui est raillé. Ils voyagent par groupe de 10 à 30 et possèdent des chariots pour transporter la scène, les décors, costumes et accessoires.

Ménagerie itinérante : ils sont les précurseurs des zoos et des cirques. Les animaux sont transporter dans des chariots cage. Compter une à deux personnes par animal, plus des hommes d’armes. Une ménagerie peut parfois être accompagnée par des magiciens, jongleurs, mangeur de feu, acrobates, etc.

Équipement du voyageur

La base

Vêtements et protection contre les intempéries
Bâton de marche
Bourse
Provisions, eau et boissons
Sac ou besace
De quoi s’éclairer
Vaisselle personnelle (couteau, bol en bois, corne creuse, cuillère)
Affaires liées à la raison du voyage

Monture et voyage au long cours

Monture ou bête de somme
Charrette + pièces de rechange
Tente
Cartes (routes commerciales, régions alentour), enroulée dans un sac de cuir
Pièges (pour la chasse et les intrus)
Ballot ou fagot (bois pour le feu)
Affaires pour hygiène (rasoir, peigne, miroir, savon)

Outils

Selon la profession

Richesses

Bijoux
Potions
Objet magique
Or, argent, pierres précieuses
Statuettes religieuse, icônes, encensoir, bols, candélabre, symbole béni
Fourrure et peaux rares et exotiques
Épices rares, parfum ou autres substances rares

Objets divers

Intrument de musique
Pipe, tabatière et tabac
Dés, carte à jouer
Babioles type souvenir personnel
Animal de compagnie
Livre ou registre
Acte juridique, proclamation ou laisser-passer
Clés

Organisation du pouvoir

Armées & marines

  • Connétable : commandant en chef, remplace le prince ou le roi
  • Autres grades : maréchal, commandeur, capitaine, sergent

Forces de l’ordre

  • Échevin (magistrat chargé de la police) ou consul
  • Police administrative (poids et mesure, contrôle des prix, contrôle de la voirie)

Diplomatie

  • Émissaire, légat, envoyé, procureur

Justice

  • Juge (prêvot, bailli, sénéchal)
  • Procureur, greffier, avocat
  • sergent de justice (huissier), geôlier
  • Enquêteur
  • Tribunal, prison

Pouvoir législatif

  • Chancelier (contrôle de la rédaction des actes et sceau royal).

Pouvoir financier

  • Monnaie
  • Taxes, impôts, redevances, péage
  • Douanes
  • Dépenses publiques et planification de la vie économique

Monopôles

  • Exploitation de certaines matières premières (mines, forêts, sel)

Administration des territoires

  • Délégation et représentation locale (gouverneurs, commissaire, baillis, sénéchaux)
  • Entretien et construction de certains bâtiments publiques (route, rue, édifices publiques)

Noms de bâtiments

  • Palais, maison,

Chateau fort

Introduction

Voici quelques lieux communs sur les châteaux forts historiques. Ils permettront de garder en mémoire les éléments clés permettant de décrire un château réaliste.

Le château est constitué de deux enceintes. Entre les deux enceintes, il y a la basse-cour et à l’intérieur de la seconde enceinte, il y a notamment le donjon.

Plan général

plan château fort

L’enceinte extérieure

La barbacane

Petit fortin de bois édifié devant le pont-­levis. La barbacane avait pour but de retarder les assaillants, le temps de relever le pont-levis. Elle était traditionnellement bâtie avant le fossé qui entourait habituellement les ouvrages fortifiés. II arrivait qu’elle soit remplacée par un avant‑poste en pierre.

Les défenses extérieures

Tout autour du fos­sé, on aperçoit des haies vives et chevaux de frise (pieux fichés dans le sol) censés briser les charges à cheval.

Le fossé

Le fossé est une large tranchée profonde d’une quinzaine de mètres. Il avait pour objectif d’empêcher les agresseurs de s’attaquer directement aux murailles (avec des béliers, par exemple), aussi les sapeurs devaient‑ils d’abord les combler avec des pierres ou des fascines (fagots) avant de commencer à essayer de desceller les moellons des remparts. Les douves étaient en fait rarement remplies d’eau pendant la période médiévale. En plus de leur rôle défensif, elles tenaient lieu de dépotoir et de déversoir pour les latrines.

Les poternes secondaires

Les remparts sont percés, de loin en loin, de discrètes petites portes en fer, très étroites, réservées aux piétons. Tous les châteaux possédaient de telles poternes. Certaines étaient habilement dissimulées derrière des buissons et des arbres. Les défenseurs pouvaient les emprunter afin d’opérer des sorties nocturnes discrètes, sans avoir à ouvrir la grande porte.

Le pont-levis

Cet énorme panneau de bois est maintenu en place par d’épaisses chaînes. Parfois, le pont-levis était remplacé par des ouvrages de bois que les défenseurs pouvaient détruire rapidement en cas d’attaque, le but étant toujours de gêner le travail des sapeurs.

La porte principale

Flanquée des deux grosses tours rondes du châtelet d’entrée. Les arrivants sont obligés de passer sous un assommoir (trou aménagé au‑dessus de la porte et par lequel on peut bombarder les ennemis). La herse, actionnée par un treuil installé dans la partie supérieure de l’entrée où se trouve le poste de garde, était généralement faite en bois dur, renforcé par des clous et des plaques de métal. L’entrée principale constituant toujours le point faible par lequel les ennemis pouvaient pénétrer dans les lieux, elle était protégée par le pont-levis (qui se présentait comme une paroi de bois quasi infranchissable, une fois relevé), la herse et la porte elle‑même (que l’on condamnait, en cas de besoin, à l’aide d’épaisses poutres).

Le châtelet d’entrée

Bâties en saillie, deux énormes tours à mâchicoulis surmontées de toits en poivrière couverts d’ardoises défendent l’entrée du château. Une guette (tourelle de guet) crénelée se dresse dessus de la tour de gauche. Les tours dites "en poivrière" ne font leur apparition qu’aux alentours du douzième siècle. Leurs toits étaient recouverts de plaques d’ardoises ou de tuiles capables de résister aux flèches enflammées. Les mâchicoulis, sortes de surplombs en pierre, permettaient aux défenseurs de laisser tomber des projectiles divers (pierres, poix enflammée, eau bouillante, plus rarement huile bouillante) sur les attaquants quand ceux‑ci arrivaient près des murs.

Les remparts

Les courtines hautes de dix mètres sont surmontées par endroits de hourds en bois et leurs parois sont percées d’archères (meurtrières, étroites vers l’extérieur et larges à l’intérieur afin de permettre aux archers de viser). Des hommes d’armes parcourent inlassablement l’aléoir (chemin de ronde).

Les murs faisaient parfois plus de trois mètres d’épaisseur. Quand ils n’abritaient pas des couloirs exigus, ils étaient construits en sandwichs, un blocage de moellons et de cailloux liés par du mortier étant monté entre deux parements externes de pierre de taille. Comme les tours, leurs parois comportaient des "trous de boulin" dans lesquels on glissait des poutrelles pour édifier des échafaudages temporaires. Parmi ces derniers, il convient de citer les hourds, sortes de galeries en bois que l’on mettait en place en temps de guerre et qui remplissaient le même rôle que les mâchicoulis.

Les talus

Des talus inclinés, recouverts de briques, sont visibles au pied des courtines. Ces remblais avaient deux fonctions. Premièrement, leur inclinaison permettait de faire ricocher les projectiles lancés depuis les hourds et les mâchicoulis. Deuxièmement, ils compliquaient la tâche des sapeurs et mineurs chargés de percer les murailles.

La basse cour (baille)

Les grands châteaux possédaient au moins deux enceintes, concentriques ou cloisonnées. Les étendues assez vastes – ou cours – qui séparaient ces remparts étaient occupées par diverses maisonnettes et échoppes, organisées à la manière de petits villages. C’est dans cet espace que venaient se réfugier les paysans des alentours lorsque la guerre menaçait.

Dans ces petites habitations à colombages vivent les paysans travaillant sur les réserves du seigneur. Elles sont bâties en torchis blanchi à la chaux. On peut noter la présence d’une forge, d’une échoppe de tailleur et de divers autres ateliers (menuiserie, poterie, etc). Forgerons, charpentiers et tailleurs jouaient un rôle important dans la vie des châteaux.

En cas de siège, les défenseurs doivent pouvoir disposer de viande fraîche et de lait, d’où l’utilité d’aménager des étables dans l’enceinte même du château. Les bovidés étaient considérés comme coûteux à une époque où les réserves de foin étaient précieuses ; c’est pourquoi l’on préférait généralement élever des moutons, bien moins exigeants sur le plan de la nourriture.

Moulin

Les seigneurs s’arrogeaient souvent le privilège de moudre le grain de leurs sujets… contre espèces sonnantes et trébuchantes! Si les ailes du moulin

Fontaine

Une belle fontaine ouvragée trône au milieu du désordre. Hommes et bêtes viennent s’y abreuver, au milieu des servantes occupées à laver leur linge.

L’enceinte intérieure

Un peu plus haute que les remparts extérieurs, la chemise (autre nom de l’enceinte qui entoure le donjon) est de forme carrée et ses tours sont crénelées. Son entrée – défendue, elle aussi, par une herse et une lourde porte de chêne – est dépourvue de pont‑levis. Il n’y a pas de talus à la base des courtines.

En pénétrant dans l’enceinte intérieure, la première chose que l’on voit, c’est un immense donjon rectangulaire, dressé contre le rempart du fond. Mais, on y voit aussi d’autres bâtiments

Les écuries

Construites contre le mur est, elles abritent les chevaux du seigneur et de ses soldats.

Le chenil

Une meute de chiens hurlants est hébergée dans une maison basse en bois dont émane une odeur suffocante. On ne répétera jamais assez que la « vie de château » était extrêmement monotone. Au même titre que la guerre, la chasse était l’un des rares plaisirs que pouvaient s’offrir les seigneurs et c’est pourquoi ils entretenaient des meutes.

La chapelle

Une petite église aux bas­-reliefs délicats. Un château se devait d’avoir un lieu de culte. Celui‑ci pouvait aussi bien être aménagé dans la cour, que dans le donjon même.

Le grenier

Une petite bâtisse carrée et sans fenêtres est accolée au donjon. C’est le grenier, dans lequel sont entassées les réserves de céréales du châtelain.

Les puits

Il ne suffisait pas de choisir un lieu élevé pour édifier un château, encore fallait‑il s’assurer que le sous‑sol abritait des sources ou nappes souterraines. En plus de fournir de l’eau aux habitants du fort, les puits offraient la possibilité de lutter contre les éventuels incendies. En général, chaque castel disposait de plusieurs puits, aménagés aussi bien à l’extérieur des bâtiments, que dans le donjon ou les tours d’enceinte. Il faut à ce propos signaler que les oubliettes, de sinistre mémoire, n’étaient en réalité que de simples puits.

Baraque des domestiques

Les domestiques ne logent pas dans le donjon, mais dans des bâtiments à part.

La caserne

Si la garnison du château est importante, les soldats logent dans un bâtiment dédié.

La maison de l’alchimiste

Une fois débarrassée de ses aspects les plus folkloriques (pierre philosophale, élixir de longue vie, etc), l’alchimie se révèle comme une véritable science. Parfois, les alchimistes bénéficiaient de la protection d’un seigneur, ce qui leur évitait les tracas généralement associés à la sorcellerie.

Le donjon

Ce grand édifice rectangulaire et crénelé est le coeur de la forteresse. Pour des raisons de sécurité, ses murs ne sont percés que d’étroites meurtrières. On accède à sa porte en empruntant un escalier de bois qui conduit directement au premier étage. Le rez‑de‑chaussée, quant à lui, ne possède aucune ouverture apparente. Les escaliers extérieurs des donjons étaient en bois de manière à pouvoir être aisément détruits au cas où des ennemis parviendraient jusqu’à la cour intérieure.

Rez‑de‑chaussée

Cave. C’est là que les nobles remisent leurs vins et leurs réserves les plus précieuses (viandes séchées ou salées, etc). Un petit coffre encastré dans le mur est équipé d’une serrure complexe. On y range les épices, presque aussi coûteuses que la poudre d’or.

Salle des archives. Une pièce dont les murs sont couverts d’étagères sur lesquelles sont rangés de nombreux parchemins et livres. Cet endroit est très important, car en cas de différend juridique, on se reporte souvent aux chartes, listes et registres de comptes du château. Quand les pièces justificatives sont cousues bout à bout et roulées pour être conservées, on les appelle "rôles".

Chambre des gardes. C’est dans cette pièce mal éclairée que dorment les dix gardes chargés de la protection rapprochée du seigneur. Deux d’entre eux sont en permanence postés à l’entrée du premier étage.

Premier étage

Entrée. Un perron de bois donne sur ce petit vestibule qui peut être isolé du reste du bâtiment par une petite herse de fer. La porte extérieure est également en fer. Un judas caché derrière une tenture de la grande salle permet d’observer à la dérobée les arrivants.

Cuisine. Une grande salle possédant son propre puits et une immense cheminée où l’on peut faire cuire un boeuf entier. Les plats sont préparés sur de grandes tables de chêne. Les ustensiles de cuisine (couteaux, louches, etc) sont accrochés au mur. Saucissons et jambons pendent du plafond.

Grande salle. Une pièce immense et très haute de plafond (près de dix mètres) avec deux cheminées. Sur une estrade, un fauteuil de bois ouvragé sur lequel s’assoit le seigneur lorsqu’il tient audience. Quelques grandes tables et bancs, repoussés sur les côtés sont employés lors des réunions et banquets. Les murs sont couverts de somptueuses tapisseries cousues de fil d’or représentant des scènes de chasse. Des tentures accrochées à des anneaux du plafond permettent de diviser la grande salle en petits cabinets. Pendant la journée, le chapelain donne ici des cours aux enfants du seigneur et de ses officiers.

Deuxième étage

Chambre du chapelain. Une cellule aux murs nus contenant une paillasse, un petit autel et le trésor du prêtre : une petite bible enluminée. Seul un brasero permet de chauffer cette pièce.

Chambre du chambellan. Chargé de l’organisation administrative du château, le chambellan a droit à sa chambre personnelle. Il dort sur une paillasse et travaille souvent très tard le soir sur des registres de comptes qu’il amène ici.

Chambre du prévôt. L’homme de confiance du seigneur: une chambre assez spacieuse, un bon matelas et une petite cheminée pour lui tout seul. Mais, quand son maître reçoit des invités, il doit leur céder ce "petit coin de paradis" et aller dormir avec ses hommes.

Chambre du seigneur. Un grand lit à baldaquin (en fait, un matelas de paille posé sur une planche surélevée abrité derrière des tentures) dans lequel le baron, son épouse et ses enfants dorment ensemble. Les murs sont couverts de fresques guerrières aux couleurs vives. Dans un coin, un rouet sur lequel la baronne travaille le plus clair de son temps. Derrière une tenture, une porte secrète dissimule un étroit escalier (impossible d’y passer avec une armure) qui descend jusqu’au souterrain du sous‑sol.

Salle du treuil. Ce réduit abrite le treuil permettant de remonter la herse du premier.

Toit

Colombier. Quelques pigeons voyageurs sont gardés là, au cas où le seigneur aurait besoin d’appeler rapidement ses alliés.

Cheminées. De petits cônes de briques ouverts du côté opposé au vent dominant.

Chemin de ronde. Le donjon est une sorte de petit château en lui‑même, on l’a donc doté de créneaux et d’un petit chemin de ronde.

Réservoir d’eau. Il permet de collecter l’eau de pluie acheminée jusqu’à lui par tout un système de canalisations et de chéneaux.

Sous‑sol

Chambre de torture. Une petite salle où règne une odeur de sang et de putréfaction. Un seul brasero est installé dans un coin, tandis que les murs sont couverts de tenailles, scies et autres instruments à l’aspect peu engageant. Partout, des anneaux permettent d’attacher les suppliciés dans des positions aussi inconfortables que possible. Contrairement à une idée reçue, les tribunaux médiévaux ne reconnaissaient pas "en théorie" les aveux faits sous la torture. Celle‑ci était toutefois largement employée ( "question préalable"), et la simple menace de nouveaux sévices suffisait à faire dire n’importe quoi au premier innocent venu.

Cachots. De minuscules réduits étouffants dans lesquels on ne peut ni se coucher, ni se tenir debout. Rien n’étant prévu pour les besoins naturels des condamnés, la puanteur ambiante est à la limite du supportable. Les cachots des châteaux étaient rarement employés, car l’entretien des prisonniers revenait cher. Il était d’usage de mutiler ou de tuer les manants capturés, alors que les chevaliers et nobles étaient traités comme des invités de marque jusqu’à ce que leur rançon soit payée.

Chambre forte. Une petite pièce fermée par une porte de bronze à l’énorme serrure. Elle contient le trésor seigneurial: objets en or, impôts, parchemins secrets…

Souterrain. Un long couloir sinueux s’enfonce dans les profondeurs de la terre et conduit jusqu’au pied du ravin, en contrebas. Ce type d’issue secrète n’était pas fréquent au Moyen Âge. Dans la réalité, les souterrains faisaient souvent office de réfrigérateurs où l’on entreposait les denrées périssables.